Risque aggravé de santé : AERAS, droit à l’oubli et solutions en cas de refus
Un antécédent médical, une maladie chronique ou un traitement lourd ne ferment pas automatiquement l’accès au crédit. En revanche, ils peuvent compliquer l’obtention d’une assurance emprunteur, souvent exigée pour couvrir le décès et l’invalidité. La convention AERAS encadre justement ces situations et permet d’examiner des dossiers que les conditions standards ne suffisent pas à traiter.
Ce que signifie vraiment un risque aggravé de santé
On parle de risque aggravé de santé lorsqu’un assureur estime que l’état de santé d’un emprunteur présente une probabilité de sinistre supérieure à celle d’un profil standard. Cela peut concerner une maladie actuelle, un antécédent de cancer, une affection longue durée, une hépatite virale C, une pathologie cardiovasculaire, une maladie invalidante ou des suites médicales encore surveillées.
Quiz : Convention AERAS
Ce risque est distinct d’autres critères parfois pris en compte par les assureurs, comme l’âge, la profession dangereuse ou la pratique d’un sport à risque. Ici, le sujet est médical : mortalité, morbidité, traitements, séquelles éventuelles, stabilité de l’état de santé et probabilité d’invalidité. L’évaluation porte donc sur la situation réelle de l’emprunteur, pas uniquement sur son historique de santé.
Concrètement, l’assurance emprunteur peut être accordée aux conditions habituelles, proposée avec une surprime, assortie d’une exclusion de garantie, ou refusée. Une exclusion signifie par exemple que certaines conséquences liées à une pathologie précise ne seront pas couvertes. C’est pour éviter que ces décisions restent sans recours qu’un cadre spécifique existe.
La convention AERAS : un cadre pour ne pas bloquer le crédit trop vite
AERAS signifie « s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ». Cette convention réunit l’État, les fédérations professionnelles des organismes d’assurance, les établissements de crédit ainsi que des associations représentant les personnes malades et les consommateurs. Son objectif n’est pas de garantir une acceptation automatique, mais d’organiser un examen plus approfondi du dossier et d’éviter une réponse purement standard.

Quels prêts sont concernés ?
La convention AERAS concerne principalement les prêts immobiliers, certains prêts professionnels et les crédits à la consommation sous conditions. Pour un prêt immobilier ou professionnel, elle peut s’appliquer lorsque la part assurée ne dépasse pas 420 000 euros et que l’échéance du contrat d’assurance intervient avant le 71e anniversaire de l’emprunteur.
Il existe aussi un cas important depuis la loi Lemoine : pour certains prêts immobiliers, le questionnaire de santé peut être supprimé lorsque la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 euros et que le remboursement du prêt s’achève avant le 60e anniversaire de l’assuré. Dans ce cas, l’entrée dans l’assurance ne repose pas sur la déclaration médicale habituelle, ce qui simplifie nettement l’accès au contrat.
Ce que la convention change dans la pratique
Sans AERAS, un refus au premier examen pourrait arrêter la démarche. Avec ce dispositif, le dossier peut être transmis à des niveaux d’analyse plus spécialisés. L’assureur ne s’arrête pas à une réponse standard : il vérifie s’il peut proposer une couverture adaptée, même si elle comporte une prime supplémentaire ou certaines limites. Le dossier garde ainsi une chance d’être étudié dans de meilleures conditions.
Pour suivre les règles actualisées, le site aeras-infos.fr reste la ressource de référence. Il permet aussi d’identifier les démarches possibles lorsque l’emprunteur estime que la convention n’a pas été correctement appliquée.
Droit à l’oubli, grille de référence et crédit conso : les cas à connaître
Deux mécanismes jouent un rôle majeur pour les emprunteurs ayant eu une maladie grave : le droit à l’oubli et la grille de référence AERAS. Ils ne s’appliquent pas à toutes les situations, mais ils peuvent changer nettement l’analyse d’un dossier. Dans certains cas, ils réduisent même la place du questionnaire médical dans la décision.
Comprendre la convention Aeras pour un crédit immobilier · Découvrez comment la convention Aeras s’applique en cas de risque aggravé de santé, avec le droit à l’oubli et ses limites pour l’assurance emprunteur.
Le droit à l’oubli
Le droit à l’oubli permet de ne pas déclarer certains antécédents médicaux dans le questionnaire de santé. Il concerne notamment certains cancers et l’hépatite virale C, lorsque le protocole thérapeutique est terminé depuis au moins cinq ans et qu’aucune rechute n’a été constatée. L’idée est simple : une maladie ancienne, stabilisée et répondant aux critères prévus ne doit pas pénaliser indéfiniment l’accès à l’assurance.
Quand le droit à l’oubli s’applique, la pathologie concernée ne doit pas être prise en compte par l’assureur. Ce mécanisme est encadré et protège l’emprunteur dans sa déclaration. Il évite aussi les incompréhensions au moment du questionnaire de santé, surtout lorsque l’épisode médical est ancien et sans évolution défavorable.
La grille de référence AERAS
La grille de référence AERAS liste certaines pathologies pour lesquelles l’assurance peut être proposée dans des conditions encadrées, parfois sans surprime ni exclusion, ou avec des limitations définies. Elle concerne notamment des maladies ayant fait l’objet d’une meilleure connaissance médicale et d’un recul suffisant sur les risques.
Cette grille tient compte de critères précis : type de pathologie, stade, délai écoulé depuis la fin du traitement, absence de rechute, âge, nature du prêt et montant assuré. Elle peut aussi concerner certaines affections relevant des 30 ALD du Code de la Sécurité sociale, selon les conditions prévues. Le cadre est donc plus lisible pour l’assureur comme pour l’emprunteur.
Le cas du crédit à la consommation
Pour un crédit à la consommation affecté ou dédié, l’assurance peut être proposée sans questionnaire de santé si plusieurs conditions sont réunies : le montant cumulé des crédits concernés ne dépasse pas 17 000 euros, la durée de remboursement est inférieure ou égale à 4 ans, et l’emprunteur a au plus 50 ans au moment de la demande. Une déclaration sur l’honneur peut être demandée pour confirmer le respect de ces conditions.
| Situation | Condition principale | Effet possible |
|---|---|---|
| Prêt immobilier sans questionnaire de santé | Part assurée jusqu’à 200 000 euros et fin du prêt avant 60 ans | Pas de questionnaire médical |
| Convention AERAS immobilier ou professionnel | Part assurée jusqu’à 420 000 euros et fin d’assurance avant 71 ans | Examen renforcé du dossier |
| Droit à l’oubli | Certains cancers ou hépatite virale C, protocole terminé depuis cinq ans sans rechute | Non-déclaration de la pathologie concernée |
| Crédit à la consommation | 17 000 euros maximum, 4 ans maximum, emprunteur âgé de 50 ans au plus | Possibilité d’assurance sans questionnaire de santé |
Comment un dossier d’assurance emprunteur est examiné
L’étude d’une demande d’assurance avec risque aggravé de santé suit une logique progressive. Le dossier n’est pas censé être écarté à la première difficulté si les critères AERAS sont remplis. L’enjeu consiste à examiner l’état de santé avec assez de précision pour distinguer une situation stabilisée d’un risque encore mal défini.
Les 3 niveaux d’analyse
Au premier niveau, l’assureur applique ses critères habituels à partir du questionnaire de santé, lorsqu’il est requis, et des éventuelles pièces médicales. Si une couverture standard n’est pas possible, le dossier passe à un deuxième niveau, avec une analyse plus individualisée par un service médical spécialisé.
Si aucune proposition ne peut encore être faite, certains dossiers sont transmis à un troisième niveau, qui mobilise des experts et des réassureurs. Ce dernier niveau ne garantit pas l’acceptation, mais il évite qu’une situation complexe soit jugée uniquement par une grille simplifiée. Le dossier gagne alors en profondeur d’examen.
Délais, documents et décision
Le délai global prévu est de 5 semaines à partir d’un dossier complet : 3 semaines pour la réponse de l’assureur, puis 2 semaines pour celle de la banque après acceptation de l’assurance. Le devis d’assurance reste valable 4 mois, ce qui laisse le temps de finaliser l’offre de prêt si les conditions du projet restent cohérentes.
Pour préparer son dossier, mieux vaut rassembler les pièces de façon lisible. Comptes rendus récents, certificats de stabilisation, dates de fin de protocole, traitements en cours et résultats d’examens doivent être classés pour répondre exactement à ce qui est demandé. Un dossier clair ne fait pas disparaître le risque, mais il limite les allers-retours et aide le médecin-conseil à distinguer un antécédent surveillé d’une situation encore instable.
Cette préparation évite aussi les erreurs de déclaration. Quand les informations médicales sont cohérentes, l’échange avec l’assureur devient plus simple et la décision plus rapide. C’est souvent ce point qui fait la différence entre un refus immédiat et un examen approfondi.
Refus, surprime ou exclusion : quelles solutions envisager ?
Une réponse défavorable n’est pas toujours la fin du projet. Il faut d’abord lire précisément le courrier de décision : refus total, exclusion ciblée, surprime, garantie décès acceptée mais invalidité refusée, ou demande d’examens complémentaires. La stratégie dépend de cette nuance.
En cas de désaccord ou de doute sur l’application de la convention, il est possible de saisir la commission de médiation AERAS, notamment via les informations disponibles sur aeras-infos.fr. Cette démarche sert à vérifier si la procédure prévue a bien été respectée, et non à imposer automatiquement une assurance.
Lorsque l’assurance reste impossible ou trop limitée, la banque peut étudier des garanties alternatives : caution, hypothèque, nantissement d’un contrat d’assurance vie ou d’un portefeuille de valeurs mobilières. Ces solutions ne remplacent pas toujours une assurance emprunteur, mais elles peuvent sécuriser le prêteur autrement.
Enfin, comparer plusieurs assureurs peut être utile, car l’appréciation médicale et tarifaire varie selon les contrats. L’objectif n’est pas de minimiser une maladie, mais de trouver l’interlocuteur capable d’évaluer correctement le risque réel, le projet de prêt et les protections déjà disponibles.
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